Nos engagements écologiques : les résultats 2011

 

 

Nous avons - encore - réussi à dépasser notre objectif écologique principal : la réduction de la consommation de gasoil. Mais c'est de plus en plus difficile, et c'est normal, et j'ai peur qu'on ne puisse pas en fabriquer ! En effet, notre bateau avec ses 40 tonnes consomme maintenant moins de gasoil que notre fourgon (un Trafic de 2006 qui parcourt 13000 km par an).

Je pense néanmoins que nous ne sommes pas loin d'une asymptote (comme le disent les profs de math de mes enfants) et que nous allons nous atteler à garder ce bon niveau et à travailler sur d'autres points de notre impact environnemental.

Moins de gasoil au global, moins de gasoil par jour, et plus de distance par litre de gasoil, tous les records sont de nouveau tombés cette année :

- 1015 litres de gasoil sur 122 jours d'activité (à comparer avec les 3771 litres de 2003, soit 69,5% de moins).

- 8,3 litres de gasoil par jour en moyenne (à comparer avec les 32,8 litres de 2003)

- 2,7 miles nautique par litre de gasoil (à comparer avec les 0,8 mile par litre de 2004)

- et par rapport à 2010, qui était l'ancien record, une amélioration d'entre 9 et 13% de ces trois indicateurs.

Pour expliquer cela, en plus de la carène qui est toute belle, du temps maniable qui nous a permis de faire plus de voile, il y a eu aussi vraiment peu de convoyages et un peu de chance. Mais aussi peut-être la météo qui a fait bien des progrès (aussi bien dans le contenu que dans l'accessibilité).

 

 

Résultats 2010

 

 

 

 

 

Moins de conso gasoil, moins d'émission de CO2, plus de voile, que du bonheur ! Quelques pistes...

 

Choix du programme de navigation.

La bataille se gagne avant de se donner : gouverner, c’est prévoir, comme disait quelqu’un...
Prévoir toujours beaucoup plus de temps que nécessaire, ne pas planifier trop de navigations à l’envers des vents dominants. Et s’il y en a, ajouter encore de la marge. Pour pouvoir prendre du temps pour tirer des bords ou ...attendre les conditions favorables pour faire de la voile !

Et en plus de réduire les consos, on augmente le plaisir de naviguer, ce qui est quand même le but du jeu !

 

Performance et seamanship :

En 2007 nous avions adopté un spi et poncé entièrement la coque ; cette année la mise au point du gréement de spi, un entretien particulièrement poussé du gréement et un travail supplémentaire sur le centrage des poids permet de faciliter encore les manœuvres (qui restent toujours musclées sur Lola) et donc de retarder le moment où on démarre le moteur dans le petit temps. Et c’est toujours super de tout envoyer, même les voiles qui ne sont pas prévues pour ça !...On a même coupé une civadière dans une vieille trinquette, et le gréement de Momo, notre youyou, a été fixé au pavois lors d’une descente dans la calmasse vers l’île d’Aix : Lola un instant gréée en dundee ! Mais c'était plutôt pour rigoler (mais il ne faut pas oublier non plus...).

Nous avons remplacé notre gréement à mât à pible et à vergue de flèche par un mât de flèche, pour pouvoir envoyer un clinfoc et faciliter l’envoi du grand-flèche. J'estime à près de 30% le gain au global du gréement à mât de flèche.

En effet, le clinfoc est une voile magique, qui a trois effets essentiels : on ajoute presque 30m2 à plus 15m d'altitude et il y a de l'air là haut; on ajoute un foc devant le flèche et on accélère le flux autour de celui-ci ; on équilibre le bateau en le rendant moins ardent ce qui le tire littéralement vers l'avant. Tout ceci avec une voile modeste qui est peu chère (par rapport à un gennaker de 150m2), traditionnelle, et facile à envoyer et à amener. Bon d'accord, ça fait encore un peu de ficelles en plus, mais l'expérience, il faut bien que ça serve, sinon ce serait dommage de vieillir !

 

Et il n’y a pas que le petit temps…

On est pressé d’arriver pour reconnaître une prochaine escale, on est fatigué, on est en équipage réduit… plein de bonnes raisons pour envoyer la risée Perkins plutôt que le flèche et le clinfoc.

Mais nous sommes aussi en mer pour acquérir un certain rapport au temps. Il ne faut pas oublier, aussi de "profiter des contraintes naturelles" :

…de mettre à la cape pour déjeuner tranquille plutôt que de mettre le moteur pour aller chercher le coffre qui est à un quart d’heure de moteur.

…de couper le moteur pour envoyer les voiles, on a besoin de rien pour maintenir le bateau face au vent !

…de faire un départ de mouillage à l’aide du vent et du courant ; et  même choisir son moment et s’il faut plus de temps pour relever le mouillage.

…de prendre un coffre à la voile plutôt que de le faire avec un coup de machine.

…de mettre le réveil une heure plus tôt pour avoir de la marge et profiter de toute la marée pour passer le raz de Sein à l’heure.

…de travailler ses manœuvres et d’améliorer son gréement pour que les performances et la facilité de manœuvre soient toujours meilleures.

… systématiquement, d’essayer de planifier sa navigation sur plusieurs jours avec l’aide de ses météos préférées, on peut maintenant les avoir en permanence sur son téléphone : même si c'est loin d'être encore parfait, ce serait dommage de s'en priver !

... de naviguer avec les courants même s'il faut arriver trop tard pour la douche...

Ca ne rend pas seulement la navigation plus économe pour la planète mais autrement plus passionnante, améliorant à chaque fois ses compétences et son sens marin : seamanship comme disent les anglais.

 

L’utilisation du moteur : en voiture, on peut faire baisser assez facilement sa consommation quand on y prend garde : on lève le pied un peu, on conduit plus souplement (en levant le pied avant d’être obligé à freiner et sans écraser la pédale droite dès qu’un bout de droit est libre), on arrête son moteur au feu rouge ou pour discuter sur un parking avec une connaissance (si ça dépasse 15 secondes), etc.

 

En bateau le gain est moins net (nous adoptions déjà une allure raisonnable)  mais on a quand même gagné 5% en consommation spécifique (de 6,95 à 6,63 litres/heure en moyenne) :

- utilisation systématique des voiles lors des manœuvres de port pour éviter au maximum les coups de gaz (en plus c’est très efficace et assez joli).

- baisse du régime de croisière à 1800 tr/mn (70% du régime maxi) la perte en vitesse est d’environ ½ nœud sur eau plate (6,5 nœuds au lieu de 7).

- éviter au maximum de remonter contre la mer. Quand on est obligé de faire du moteur on privilégie la navigation mixte (par exemple foc 2, 2 ris dans la grand-voile bordée dans l’axe, à 20° du vent apparent et machine à 1400 tr/mn.

 

Le suivi et la communication. Je trouve la diminution de notre consommation énergétique au global une activité très intéressante. Elle permet de développer l'intelligence du geste, et je suis étonné du changement de retour que nous avons des gens qui sont à bord. D'un rictus moqueur, nous sommes passé à des questionnements intéressés et maintenant à des suggestions, à des récits de ce que fait chacun pour se livrer à cet exercice passionnant. Et on ne peut plus indispensable pour la planète.

Nous suivons donc ces indicateurs sur chaque croisière et, si nous avons le temps et l'intérêt, nous discutons à la fin, avec les participants; les efforts que l'on fait sont donc mesurables et ça motive pour la suite ! 

Ce qui est déjà intéressant, et ce qui pourrait être une piste pour pas mal d’activités économiques si on s’en donne un peu de peine. Peine qui devient une source de bonheurs...

 

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Last  modification / Dernière modification : 03 octobre 2014