Résultats 2010



Moins de conso gasoil, moins d'émission de CO2, plus de voile, que du bonheur !
Quelques pistes...
Choix du programme de navigation.
La bataille se gagne avant de se donner :
gouverner, c’est prévoir, comme disait quelqu’un...
Prévoir toujours beaucoup plus de temps que nécessaire, ne pas planifier trop de
navigations à l’envers des vents dominants. Et s’il y en a, ajouter encore de la
marge. Pour pouvoir prendre du temps pour tirer des bords ou ...attendre les
conditions favorables pour faire de la voile !
Et en plus de réduire les consos, on augmente le
plaisir de naviguer, ce qui est quand même le but du jeu !
Performance et seamanship :
En 2007 nous avions adopté un spi et poncé
entièrement la coque ; cette année la mise au point du gréement de spi, un
entretien particulièrement poussé du gréement et un travail supplémentaire sur
le centrage des poids permet de faciliter encore les manœuvres (qui restent
toujours musclées sur Lola) et donc de retarder le moment où on démarre le
moteur dans le petit temps. Et c’est toujours super de tout envoyer, même les
voiles qui ne sont pas prévues pour ça !...On a même coupé une civadière dans une vieille
trinquette, et le gréement de Momo, notre youyou, a été fixé au pavois lors
d’une descente dans la calmasse vers l’île d’Aix : Lola un instant gréée en
dundee ! Mais c'était plutôt pour rigoler (mais il ne faut pas oublier non
plus...).
Nous avons remplacé notre
gréement à mât à pible et à vergue de flèche par un mât de flèche, pour pouvoir
envoyer un clinfoc et faciliter l’envoi du grand-flèche. J'estime à près de 30%
le gain au global du gréement à mât de flèche.
En effet, le clinfoc est une voile
magique, qui a trois effets essentiels : on ajoute presque 30m2 à plus 15m
d'altitude et il y a de l'air là haut; on ajoute un foc devant le flèche et on
accélère le flux autour de celui-ci ; on équilibre le bateau en le rendant moins
ardent ce qui le tire littéralement vers l'avant. Tout ceci avec une voile
modeste qui est peu chère (par rapport à un gennaker de 150m2), traditionnelle,
et facile à envoyer et à amener. Bon d'accord, ça fait encore un peu de ficelles
en plus, mais l'expérience, il faut bien que ça serve, sinon ce serait dommage
de vieillir !
Et il n’y a pas que le petit temps…
On est pressé d’arriver pour reconnaître une
prochaine escale, on est fatigué, on est en équipage réduit… plein de bonnes
raisons pour envoyer la risée Perkins plutôt que le flèche et le clinfoc.
Mais nous sommes aussi en mer pour acquérir un
certain rapport au temps. Il ne faut pas oublier, aussi de "profiter des
contraintes naturelles" :
…de mettre à la cape pour déjeuner tranquille
plutôt que de mettre le moteur pour aller chercher le coffre qui est à un quart
d’heure de moteur.
…de couper le moteur pour envoyer les voiles, on a
besoin de rien pour maintenir le bateau face au vent !
…de faire un départ de mouillage à l’aide du vent
et du courant ; et même choisir son moment et s’il faut plus de temps pour
relever le mouillage.
…de prendre un coffre à la voile plutôt que de le
faire avec un coup de machine.
…de mettre le réveil une heure plus tôt pour avoir
de la marge et profiter de toute la marée pour passer le raz de Sein à l’heure.
…de travailler ses manœuvres et d’améliorer son
gréement pour que les performances et la facilité de manœuvre soient toujours
meilleures.
… systématiquement, d’essayer de planifier sa
navigation sur plusieurs jours avec l’aide de ses météos préférées, on peut
maintenant les avoir en permanence sur son téléphone : même si c'est loin d'être
encore parfait, ce serait dommage de s'en priver !
... de naviguer avec les courants même s'il faut arriver trop
tard pour la douche...
Ca ne rend pas seulement la navigation plus économe
pour la planète mais autrement plus passionnante, améliorant à chaque fois ses
compétences et son sens marin : seamanship comme disent les anglais.
L’utilisation du moteur :
en voiture, on peut faire baisser assez facilement sa consommation quand on y
prend garde : on lève le pied un peu, on conduit plus souplement (en levant le
pied avant d’être obligé à freiner et sans écraser la pédale droite dès qu’un
bout de droit est libre), on arrête son moteur au feu rouge ou pour discuter sur
un parking avec une connaissance (si ça dépasse 15 secondes), etc.
En bateau le gain est moins net (nous adoptions
déjà une allure raisonnable) mais on a quand même gagné 5% en consommation
spécifique (de 6,95 à 6,63 litres/heure en moyenne) :
- utilisation systématique des voiles lors des
manœuvres de port pour éviter au maximum les coups de gaz (en plus c’est très
efficace et assez joli).
- baisse du régime de croisière à 1800 tr/mn (70%
du régime maxi) la perte en vitesse est d’environ ½ nœud sur eau plate (6,5
nœuds au lieu de 7).
- éviter au maximum de remonter contre la mer.
Quand on est obligé de faire du moteur on privilégie la navigation mixte (par
exemple foc 2, 2 ris dans la grand-voile bordée dans l’axe, à 20° du vent
apparent et machine à 1400 tr/mn.
Le suivi et la
communication. Je
trouve la diminution de notre consommation énergétique au global une activité
très intéressante. Elle permet de développer l'intelligence du geste, et je suis
étonné du changement de retour que nous avons des gens qui sont à bord. D'un
rictus moqueur, nous sommes passé à des questionnements intéressés et maintenant
à des suggestions, à des récits de ce que fait chacun pour se livrer à cet
exercice passionnant. Et on ne peut plus indispensable pour la planète.
Nous suivons donc ces indicateurs sur chaque croisière
et, si nous avons le temps et l'intérêt, nous discutons à la fin, avec les
participants;
les efforts que l'on fait sont donc mesurables et ça motive pour la suite !
Ce qui est déjà intéressant, et ce
qui pourrait être une piste pour pas mal d’activités économiques si on s’en
donne un peu de peine. Peine qui devient une source de bonheurs...
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